La période d’essai peut-elle être rompue alors que la date limite du délai de prévenance est passée ?

Au cours de la période d’essai, chaque partie dispose d’un droit de rupture discrétionnaire.

Ainsi, sauf disposition conventionnelle ou contractuelle contraire, l’employeur et le salarié peuvent unilatéralement rompre le contrat de travail sans motif, ni formalisme, ni indemnité, mais il y a des règles à respecter…

Respect du délai de prévenance : un droit, pas une option !

La CFDT rappelle une règle essentielle : la rupture d’une période d’essai n’est jamais un acte instantané. Même si l’employeur est libre d’y mettre fin, il doit obligatoirement respecter un délai de prévenance, prévu par le Code du travail.
Ce délai permet au salarié d’anticiper la fin du contrat et d’éviter des ruptures brutales, souvent vécues comme injustes et violentes.

Les délais de prévenance obligatoires :
Le délai dépend du temps de présence du salarié dans l’entreprise.


Moins de 8 jours de présence => délai de prévenance : 24 heures
De 8 jours à 1 mois de présence => délai de prévenance : 48 heures
Plus d’un mois de présence => délai de prévenance : 2 semaines
Plus de 3 mois de présence => délai de prévenance : 1 mois

Ces délais s’appliquent aux CDI, mais aussi aux CDD dont la période d’essai est d’au moins une semaine.

Ces délais sont d’ordre public, l’employeur ne peut ni y déroger, ni les réduire.

La CFDT dénonce les ruptures « expéditives »
Trop d’employeurs notifient une rupture de période d’essai à la dernière minute, voire après la date limite, pensant éviter leurs obligations.


Quand l’employeur ne respecte pas le délai…


Le non-respect du délai de prévenance n’annule pas la rupture : celle-ci n’est pas requalifiée en licenciement.
En revanche, le salarié a droit à une indemnité compensatrice, sauf faute grave.

L’indemnité couvre :
1. le salaire que le salarié aurait perçu jusqu’au terme normal du délai de prévenance,
2. les avantages correspondants,
3. l’indemnité compensatrice de congés payés.


Autrement dit, l’employeur paie le délai qu’il n’a pas respecté.


La CFDT reste vigilante face à ces pratiques qui précarisent encore davantage les salarié·es en début de contrat.

La CFDT accompagne les salarié·es confronté·es à :
– des ruptures abusives
– des délais non respectés
– des notifications ambiguës ou non écrites
– des pratiques managériales expéditives