Le dialogue social en 2025 : entre espoirs, tensions et exigences de renouveau.

Pour un CSE plus dynamique et au cœur des enjeux environnementaux

Parole aux représentants du personnel, aux salarié·es et aux directions : le 7ᵉ baromètre Syndex-Ifop dresse un état des lieux sans fard du dialogue social en France.

Un outil reconnu mais fragilisé

Le Comité Social et Économique (CSE) reste une instance largement reconnue pour son utilité : 87 % des salarié·es et 93 % des dirigeant·es le jugent essentiel pour faire remonter les réalités du terrain, défendre les salarié·es et améliorer les conditions de travail. Pourtant, cette reconnaissance s’accompagne d’un climat de plus en plus tendu. Les Représentant·es du Personnel (RP) se disent moins motivé·es, plus inquiet·es et déçu·es qu’en 2023. Le sentiment d’un déséquilibre croissant dans le rapport de force avec la direction s’installe.

Des attentes fortes, des moyens limités

Les RP dénoncent un manque de temps, de moyens et de reconnaissance. La fusion des instances, la surcharge des ordres du jour et la complexité croissante des sujets à traiter rendent leur mission toujours plus difficile. Le manque d’attractivité du mandat, les difficultés de recrutement et la limitation à trois mandats successifs aggravent la situation. Pourtant, les salarié·es attendent beaucoup : plus de consultation, plus de proximité, plus de pouvoir partagé.

Conditions de travail, santé, pouvoir d’achat : les priorités ne changent pas

Les enjeux de santé au travail, de conditions de travail et de pouvoir d’achat restent au cœur des préoccupations. Les RP et les salarié·es réclament des augmentations salariales significatives (+6,5 % souhaités par les RP contre +3,1 % anticipés par les directions), des actions concrètes contre les risques psychosociaux, et une meilleure prise en compte de la pénibilité. La qualité de vie au travail (QVCT) est également citée comme un levier majeur de fidélisation.

Environnement et égalité : des prérogatives à renforcer

Si la prérogative environnementale du CSE progresse timidement, elle reste peu investie, faute de formation, d’information et d’impulsion de la direction.

Côté égalité professionnelle, la transparence sur la répartition femmes-hommes et les mesures de rattrapage salarial sont plébiscitées, mais les moyens d’action restent inégaux.

Pour un dialogue social plus démocratique

Les RP comme les salarié·es appellent à une meilleure répartition du pouvoir décisionnaire dans l’entreprise. Ils souhaitent un dialogue social plus ancré dans le quotidien, plus proche du terrain, et doté de moyens renforcés.

La Cfdt partage cette vision : un dialogue social vivant, exigeant, fondé sur la confiance, la transparence, la co-construction et ajoutant une dimension environnementale avec la création d’une commission dédiée.